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Étude de l’aneuploïdie embryonnaire par diagnostic pré-implantatoire (DPI) 
dans un programme de fécondation in vitro

C. Brami
Hôpital Américain
Neuilly/Seine

Dans cette étude multicentrique randomisée, S. Munné et al. ont comparé les résultats des transferts embryonnaires après DPI, éliminant ainsi les embryons présentant une aneuploïdie avec ceux d’un groupe contrôle non soumis au DPI.

Dans les 2 groupes de patientes (n = 117), l’âge moyen (38,5 ans), la durée de stimulation (11,7 jours), le nombre moyen d’embryons transférés étaient identiques. Le DPI était réalisé par biopsie de blastomère sur des embryons à J3 (stade de 4 à 12 cellules) puis par FISH (fluorescence in situ hybridation). Dans tous les cas, le DPI a permis d’analyser les anomalies des chromosomes X, Y, 13, 18, 21 et, dans un nombre plus limité (n = 31), les anomalies responsables de fausses couches spontanées telles que les trisomies 14,15, 16 et 22.

Les résultats de cette étude montrent un taux d’implantation (défini comme pourcentage d’activité cardiaque embryonnaire par embryon transféré) légèrement supérieur dans le groupe DPI (17,8 %) par rapport au groupe contrôle (13,7 %) mais sans différence significative ; le taux de fausses couches spontanées était de 9 % dans le groupe DPI, plus de 2 fois inférieur à celui du groupe contrôle (23 %) avec, en corollaire, un pourcentage de grossesses menées à terme de 16,1 % dans le groupe DPI et de 10,3 % dans le groupe contrôle.

Tous les résultats en fécondation in vitro montrent une diminution de 30 à 50 % des taux d’implantation embryonnaire après 35 ans ; les auteurs attendaient de l’analyse de l’aneuploïdie par DPI une amélioration de ces résultats ce qui n’a pas été le cas. Ils émettent, pour l’expliquer, 3 hypothèses.

  1. Les anomalies chromosomiques détectées sont compatibles avec un développement fœtal, voire une grossesse menée à terme : ainsi, dans le sous-groupe DPI, où ont été effectuées 8 analyses (X, Y, 13, 14, 15, 16, 21, 22), les résultats des taux d’implantation et la diminution du taux de fausses couches sont améliorés par rapport au groupe contrôle.

  2. La relation entre anomalies chromosomiques et implantation embryonnaire n’a jamais été formellement prouvée et l’on sait peu de choses de la physiopathologie des « œufs clairs ». D’autres mécanismes, autres que chromosomiques, sont probablement méconnus chez les patientes âgées.

  3. Enfin, la réalisation par ouverture de la zone pellucide de la technique du DPI pourrait-elle, à l’instar du hatching, avoir faussé les résultats ? Le DPI par biopsie du globule polaire ovocytaire pourrait répondre à cette question mais ne permettrait pas le diagnostic de polyploïdie, haploïdie ou de mosaïque.            


En pratique : Faut-il envisager un DPI lorsqu’une patiente de plus de 35 ans doit avoir un traitement de fécondation in vitro ? Aux États-Unis, certains centres le préconisent, arguant d’une augmentation des chances de voir une grossesse évoluer jusqu’à son terme, sans passer par le diagnostic prénatal et les conséquences médicales et psychologiques d’une interruption thérapeutique de grossesse.

En France, le DPI « en routine » appliqué aux patientes de plus de 35 ans n’est pas près de voir le jour ! La pratique du DPI, sauf modifications à venir de la loi de bioéthique, restera réservée à un nombre restreint de centres agréés ; les indications du DPI seront-elles un jour identiques à celles du diagnostic prénatal. Rien n’est moins sûr d’autant que les taux d’erreur du DPI atteignent 1,5 à 7 % selon les centres.

Munné S, Magli C, Cohen J et al. Positive outcome after preimplantation diagnosis of aneuploidy in human embryos. Human Reprod 1999 ; 9 : 2191-9.


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