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 Editorial du Président

En prenant la présidence du GEFF, je savais que notre secteur était en crise.

Quand nous allons dans ces grandes messes de la PMA que sont les congrès de l’ESHRE ou l’ ASRM, nous palpons ce malaise, cette inertie, cette lassitude qui touche l’Assistance Médicale à la Procréation en France. Où sont les jeunes ? Où sont ceux qui voudraient, pourraient et devraient nous pousser dehors ? Ils n’existent pas. La démographie médicale que la France a choisi il y a vingt ans conduit à ce résultat : peu de jeunes, un dynamisme qui s’essouffle, des centres qui ronronnent et toujours les mêmes plus ou moins mûrs pour essayer de faire croire encore que nous sommes présents sur la scène internationale. Comment rivaliser avec ces équipes étrangères où l’on voit des jeunes arriver bardés d’idées et  d’ambition venir bousculer les habitudes ?

L’année 2003 a été émaillée de certaines attaques contre l’AMP. Trop d’AMP, manque d’évaluation, ignorance des grossesses multiples, absence de suivi des enfants que nous contribuons à faire naître, tout y passait. Bien sûr, on peut toujours faire mieux, mais jusque là, la France pouvait s’enorgueillir de faire partie des pays les plus transparents

La France n’a pas le palmarès du nombre d’AMP par habitant. La plupart des pays d’Europe réalisent beaucoup plus de cas. Dans les pays scandinaves, toujours cités en exemple, le taux est de 30 à 80 % supérieurs au nôtre. Les résultats français sont globalement connus via FIVNAT et le Bilan Ministériel. Ils sont dans la bonne moyenne européenne. Le problème des grossesses multiples a fait l’objet de nombreux débats dans nos congrès comme le devenir des enfants. Mais où sont les publications sur ces travaux ? Où est la reconnaissance internationale ? Au point mort.

Le manque de bras, l’absence de jeunes, des crédits misérables dans les CHU, la surcharge des centres, voilà l’explication de la situation actuelle. On demande à des médecins surchargés et las d’expédier la routine, de se consacrer à l’évaluation, de se lancer dans des techniques ou des pratiques nouvelles. Il ne leur reste au mieux que les soirées et les week-ends. C’est trop. Les volontaires sont de plus en plus rares. La désaffection est manifeste. L’assemblée générale du GEFF à Montpellier était squelettique, comme celle de FIVNAT ou de la FFER ou celle de la SMR à Bordeaux.

L’union fait la force. Ce devrait être notre mot d’ordre. Ces divisions et saucissonnages de sociétés n’ont pas de raison d’être et nous affaiblissent. Il serait plus judicieux aujourd’hui de réfléchir à l’avenir de notre spécialité, d’imaginer des solutions pour pallier au manque actuel et d’agir tous ensemble auprès des autorités pour envisager et préparer le futur. J’aspire à la création d’une grande société qui par-dessus les clivages, pourrait jouer ce rôle. Ses dirigeants auraient moins de 50 ans, comme le propose René Frydman, et pourrait redonner du dynamisme.

Notre spécialité ne va pas mourir demain. Il y aura toujours des femmes stériles. Mais seront-elles encore traitées correctement dans quelques années. Si on le veut, arrêtons les querelles partisanes et agissons ensemble. Il est encore temps, mais il est grand temps.

 Professeur Jean Luc Pouly

 















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